Après un long silence, les États-Unis sortent de leur réserve. Washington a lancé un avertissement formel aux pays qui s’apprêtent à participer à la conférence internationale sur la question palestinienne, organisée à New York à l’initiative du président français Emmanuel Macron. Dans un télégramme diplomatique envoyé mardi, révélé par l’agence Reuters, le Département d’État met en garde : tout geste, même implicite, allant dans le sens d’une reconnaissance unilatérale d’un État palestinien ou de sanctions contre Israël, serait perçu comme une atteinte directe aux intérêts de la politique étrangère américaine – et pourrait entraîner de lourdes conséquences diplomatiques.
Selon ce message officiel, les États-Unis s’opposent fermement à toute initiative unilatérale en faveur de la reconnaissance d’un État palestinien, et doutent que les discussions prévues lors de la conférence puissent contribuer à une quelconque avancée sur le terrain. « Au contraire, elles risquent de nuire à la sécurité d’Israël », peut-on lire dans le télégramme.
La conférence, prévue de mardi à samedi prochain sous l’égide de la France et en partenariat avec des instances de l’ONU, vise à relancer la solution à deux États, aujourd’hui considérée comme controversée, en particulier dans le contexte de la guerre à Gaza et des tensions autour des otages. Le mois dernier, plusieurs responsables estimaient déjà que Paris ne reconnaîtrait pas officiellement un État palestinien à l’issue de cette initiative. « Israël n’a pas à s’inquiéter de cette conférence internationale », ont d’ailleurs affirmé des sources diplomatiques françaises à Ynet.
Dans une lettre adressée avant la conférence à Emmanuel Macron et au prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a exprimé son soutien à l’idée que le Hamas renonce à ses armes et cesse de gouverner à Gaza. Il a condamné l’attaque du 7 octobre et a appelé l’organisation islamiste à libérer immédiatement tous les otages. L’Élysée a salué un message comportant des « engagements concrets et sans précédent », témoignant selon Paris d’une « volonté réelle d’aller vers l’application de la solution à deux États ».

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