De nouveaux éléments éclairent les conditions de l'arraisonnement de la flotille "Madleen" par les forces israéliennes dans la nuit de lundi à mardi, avec à son bord 12 militants pro-palestiniens, dont Greta Thunberg et Rima Hassan. L'opération, menée à 3 heures du matin en eaux internationales, a mobilisé les unités d'élite de la marine israélienne.
Tirant les leçons de l'affaire du Mavi Marmara en 2010, l'armée israélienne avait préparé cette intervention comme un événement "autant médiatique qu'opérationnel". Les navires de la Flotte 13 et de l'Unité Fin étaient équipés de caméras pour documenter intégralement l'opération et "réfuter immédiatement toute fausse déclaration des militants".
La marine avait surveillé le navire tout au long de son parcours. Lorsqu'il est devenu évident qu'il franchirait dans quelques heures la ligne de fermeture maritime de Gaza, la décision d'intervenir a été prise. L'arraisonnement s'est déroulé en eaux internationales, à plusieurs heures de navigation de la zone de fermeture.
Selon les sources militaires israéliennes, les forces armées ont ordonné "à plusieurs reprises" au navire de s'arrêter en s'identifiant comme la marine israélienne. Ces échanges radio n'auraient pas été diffusés par Al Jazeera, qui suivait l'événement en direct.
Les militants auraient tenté de détruire des preuves en jetant leurs téléphones portables par-dessus bord à l'arrivée des commandos, bien que cette information ne soit pas encore confirmée officiellement par Tsahal.
Un "matériel humanitaire symbolique"
La fouille du navire a révélé la présence de "plusieurs barils contenant du matériel humanitaire", mais les autorités israéliennes minimisent la portée de cette cargaison, affirmant que "tout ce matériel humanitaire aurait pu tenir dans le coffre d'une voiture particulière".
Le bateau, actuellement en route vers le port d'Ashdod avec à son bord les militants et une force de la Flotte 13 de Tsahal, devrait arriver prochainement. Le délai s'explique par la distance parcourue depuis le point d'interception en haute mer et par la lenteur du navire lui-même.