L’Iran souffle sur les braises du Moyen-Orient. Dans une déclaration virulente publiée sur X (anciennement Twitter), l’ayatollah Ali Khamenei a salué la position constante du Pakistan sur la question palestinienne tout en appelant à des « efforts conjoints et efficaces » contre Israël. Au-delà du discours idéologique, ce message est un signal stratégique fort : Téhéran cherche à intégrer Islamabad dans son “Axe de la Résistance”.
La tentation iranienne s’appuie sur un contexte émotionnel puissant. Les bombardements à Gaza ont déclenché une vague d’indignation dans le monde musulman, et au Pakistan, la solidarité envers les Palestiniens est largement partagée. Manifestations, prières collectives et slogans anti-israéliens ponctuent l’actualité nationale. Khamenei, fin tacticien, veut transformer cette émotion en levier diplomatique.
Mais cette perspective ouvre un gouffre de complications. Le Pakistan, puissance nucléaire instable économiquement, entretient des relations complexes avec ses voisins et partenaires. Si le soutien verbal à l’Autorité Palestinienne n’a jamais été un sujet de controverse, une alliance stratégique avec l’Iran marquerait un tournant historique. Elle pourrait isoler Islamabad du monde occidental, des monarchies du Golfe et même aggraver ses tensions internes, notamment entre sunnites et chiites.
En parallèle, les relations irano-pakistanaises ne sont pas sans heurts. Les affrontements armés à la frontière en 2024 ont laissé des traces, malgré les tentatives d’apaisement diplomatique. Ce passif complique l’établissement d’une confiance mutuelle durable.