Ahmed al-Sharaa, le nouveau président syrien, a accordé une interview au magazine juif américain Jewish Journal dans laquelle il exprime son ouverture au dialogue avec Israël. Tout en reconnaissant des "ennemis communs", il exige néanmoins la fin des bombardements israéliens sur le territoire syrien.
Une main tendue sous conditions
"Je tiens à être clair, l'ère des attaques incessantes doit prendre fin. Aucune nation ne prospère lorsque son ciel est empli de peur", a déclaré al-Sharaa dans cette interview. Le dirigeant syrien, qui a renversé le régime de Bachar al-Assad, adopte un ton pragmatique en reconnaissant que "la réalité est que nous avons des ennemis communs et que nous pouvons jouer un rôle central dans la sécurité de la région".
Ahmed Al-Sharaa a exprimé son souhait de revenir à l'esprit de l'accord de séparation des forces de 1974 avec Israël, non seulement comme ligne de cessez-le-feu mais également comme base de "retenue mutuelle et de protection des civils". Il dit accorder une attention particulière aux communautés druzes du sud de la Syrie et du plateau du Golan, déclarant que "les Druzes ne sont pas des jouets. Ce sont des citoyens aux racines profondes, historiquement loyaux et dignes de toute protection dans le cadre de la loi". Ces dernières déclarations interviennent alors que cette minorité est dans le viseur de groupe jihadistes affiliés au nouveau régime qui ont assassiné plusieurs centaines de ses membres ces dernières semaines.
Sans évoquer une normalisation immédiate avec Israel, le président syrien a néanmoins signalé une ouverture à de futurs pourparlers fondés sur le droit international et la souveraineté. "La paix doit être obtenue par le respect mutuel, pas par la peur", a-t-il affirmé. "Nous créerons une connexion où il y aura de l'honnêteté et un chemin clair vers la coexistence."