Lors d’un discours prononcé ce lundi au congrès de l’Ordre des avocats à Eilat, la procureure générale Gali Baharav-Miara a tiré la sonnette d’alarme sur « un changement rapide du régime israélien ». Elle a vivement critiqué les pressions politiques croissantes exercées sur les institutions judiciaires, notamment à la suite de l’éviction contestée du chef du Shin Bet et de l’interdiction faite à la procureure militaire de s’exprimer lors du même congrès.
« Ce n’est pas une mise en garde sur l’avenir – c’est la réalité », a déclaré Baharav-Miara. « Le régime israélien change sous nos yeux, et cela se manifeste par un affaiblissement systématique des contre-pouvoirs et des institutions démocratiques, en particulier du pouvoir judiciaire. »
Elle a dénoncé une attente croissante de « soumission » de la part du gouvernement, précisant que son rôle n’est pas de satisfaire des impératifs politiques, mais de faire respecter la loi : « Le gouvernement exige une obéissance, mais dans un État de droit, tout le monde est soumis à la loi. »
Évoquant l’affaire du chef du Shin Bet, dont la révocation a été jugée illégale par la Cour suprême, elle a rappelé que tout processus de nomination ou de limogeage à ce poste devait se faire dans le respect d’une procédure irréprochable. Elle a aussi exprimé ses regrets quant à l’absence de la procureure militaire, estimant qu’elle était la mieux placée pour défendre l’armée d’Israël sur la scène internationale.