Alors que les documents relatifs à l'espion Eli Cohen ont été rapatriés en Israël dimanche, de nouveaux détails ont été relayés à propos de la récente opération du Mossad ayant conduit à leur restitution. Selon des sources citées par le journal libanais "Al-Akhbar", proche du Hezbollah, ces archives étaient conservées dans un lieu hautement sensible : le quartier général de la sécurité nationale syrienne, à seulement 200 mètres du palais de l'ancien président Bachar al-Assad. Cette installation sécuritaire de premier plan n'aurait jamais été compromise, même durant les premiers jours des troubles en Syrie, ce qui rend cette récupération d'autant plus remarquable.
D'après le média, les documents ne seraient pas parvenus à Israël par un canal "régulier", ce qui alimente l'hypothèse d'une fuite intentionnelle. L'article évoque notamment une possible implication des services de renseignement turcs, dans le cadre de contacts discrets entre Ankara et Jérusalem concernant des questions régionales, principalement syriennes.
Parmi les 2 500 documents récupérés figurent des pièces d'une importance historique et émotionnelle considérable, notamment : le testament original d'Eli Cohen, rédigé quelques heures avant son exécution, des lettres personnelles adressées à sa famille, des photographies de ses activités en Syrie, des dossiers d'interrogatoire constitués par les services syriens ainsi que des objets personnels saisis à son domicile après son arrestation
Un épais dossier orange intitulé "Nadia Cohen" révèle également que les services de renseignement syriens avaient méticuleusement suivi toutes les démarches entreprises par son épouse pour obtenir sa libération, y compris ses correspondances avec des dirigeants mondiaux.
Une lettre déchirante à sa famille
Parmi ces documents figure une lettre particulièrement émouvante, écrite en arabe par Eli Cohen à son épouse après sa capture et son procès. "Je te demande, Nadia, de me pardonner, de prendre soin de toi et de tes enfants, et de leur assurer une éducation complète," lui écrit-il. "Tu peux épouser quelqu'un d'autre, afin que les enfants ne grandissent pas sans père. Tu es entièrement libre de le faire."