Lors de la cérémonie d'intronisation du Pape Léon XIV au Vatican, le président libanais Joseph Aoun et le chef spirituel des Druzes d’Israël, le cheikh Mowafaq Tarif, ont échangé une poignée de mains. Celle-ci, fortuite ou non, a provoqué une réaction immédiate de Beyrouth, qui s’est empressé de publier un communiqué affirmant que le président ne connaissait pas l’identité de son interlocuteur. Peu convaincante tant les chefs religieux druzes sont identifiables dans une région où leur présence est limitée à trois pays —Liban, Syrie et Israël.
Ce genre de réaction, nourri par le poids du Hezbollah et l’emprise iranienne sur la politique libanaise, révèle à quel point toute interaction avec des représentants israéliens reste un sujet tabou, y compris dans des contextes neutres et purement religieux ou diplomatiques. Israël, de son côté, envoie de multiples signaux de solidarité envers les Druzes de Syrie, confrontés à une série d’attaques menées notamment par des milices sunnites radicales, et affirme sa volonté de les protéger, y compris par des frappes préventives. Une posture saluée par le cheikh Tarif lors d’un entretien avec Benyamin Netanyahu début mai.

En 2014, en visite en Israël, le patriarche maronite libanais Béchara Raï avait rencontré des anciens de l’ALS à Haïfa