Plusieurs journalistes palestiniens ont témoigné auprès du CPJ (comité de protection des journalistes), la plupart sous couvert d'anonymat, des pressions et violences exercées par le Hamas pour les empêcher de faire leur travail et de couvrir notamment les manifestations contre son autorité.
Abu Jarad, correspondant pour une radio basée à Ramallah, a ainsi été menacé et battu, contraint de promettre de cesser ses reportages. "Je n'ai couvert aucune manifestation récente," a-t-il conclu, se rappelant comment il a été battu et interrogé pendant des heures par des hommes masqués affiliés au Hamas à Rafah en novembre 2023, l'accusant de "couvrir des événements dans la bande de Gaza appelant à un coup d'État."
Un autre journaliste a rapporté au Washington Post qu'il craignait d'être accusé d'espionnage pour Israël. Un troisième a affirmé que les agents de sécurité intérieure du Hamas suivent parfois les journalistes pendant qu'ils font leurs reportages.
"Sans donner aucune raison, ils ont essayé de m'agresser," raconte Muhareb, un photographe freelance qui travaillait depuis une tente à côté de l'Hôpital Nasser dans le sud de Gaza.
"Quand j'ai essayé de contacter un officier de police en charge des affaires des journalistes, ils ont essayé de démonter ma tente. Quand j'ai résisté, ils ont commencé à m'agresser, en me donnant des coups de pied," a raconté l'homme de 28 ans. "J'ai essayé de leur parler calmement, mais ils ont commencé à me battre encore plus fort. Ils m'ont soudainement frappé me faisant perdre conscience, et le sang a coulé de ma tête," témoigne-t-il.
Un correspondant pour Awda TV affiliée au Fatah, Abu Aoun, a raconté au CPJ qu'il a été battu par la Force de Sécurité Interne du Hamas en 2024 alors qu'il interviewait une femme près de l'Hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa à Deir al-Balah du centre de Gaza.
"Pendant l'interview, la femme a insulté le Hamas et certains de ses dirigeants. Les officiers m'ont immédiatement emmené dans un lieu inconnu et m'ont battu," a décrit Abu Aoun, 26 ans, ajoutant qu'ils ont fouillé son téléphone portable et lui ont ordonné d'arrêter de travailler à proximité de l'hôpital.